Les Marianne de la diversité sont marraines de l’artiste Lylia Yahi qui expose ses oeuvres jusqu’au 15 janvier à la galerie Alexandre Cadain, dans le 3e arrondissement à Paris.

Article sur l’exposition paru dans RespectMag :

« Je cherche, au travers de ma peinture, à percer le sens des signes, à l’exprimer et à le représenter. », raconte l’artiste, née en Algérie. Mon travail sur des séries est le langage pictural de mes émotions et de ma sensibilité. La matière inspire les formes et mes mains cheminent la toile. Les souvenirs lointains s’éveillent, se dessinent et s’ordonnent par magie dans un monde imaginaire que je crée par le mariage de formes disjointes et d’éléments de la nature. »

La peinture de Lylia Yahi traduit ses mots. C’est son langage. « Je suis le trait d‘union de l’œuvre et je lui accorde mes efforts, ma foi, et une attention particulière comme un artisan de la vie », poursuit-elle. Un travail, qui ne s’inscrit pas dans une démarche académique, inspiré de son histoire personnelle, de ses origines et de son identité.

« Mon Afrique est empreinte de nostalgie. Mes peintures la représentent par les couleurs, les mouvements et les thèmes abordés…. Je sens bouillonner en moi l’urgence d’extraire de ma mémoire la réalité de mon passé. Je la sais éphémère et fragile. »

Sa série intitulée « les Passeurs de Mémoire » présentent des personnages qui guident clandestinement des hommes vers des contrées de paix.

« Les personnages que je peins se fondent dans des matériaux comme le ciment, la chaux, le sable… qui rappellent étrangement des chantiers de travaux publics…où des hommes venus pour la plupart d’ailleurs ont contribué à bâtir de grands chantiers ! Ces hommes affublés « immigrés » ont travaillé très dur, pour certains dans l’humiliation, pour d’autres en baissant l’échine…….ces hommes ont laissé derrière eux des vies de sacrifices, de privations…

Ce rappel de l’immigration est un thème qui m’est cher, il me hante, et m’insuffle l’énergie pour tracer sur mes toiles la mémoire disparue de ces hommes venus d’ailleurs, peuplant des territoires inconnus et vivant reclus, hantés par la peur et la nostalgie d’un passé déjà enfoui. Ne pas oublier, c’est mon leitmotiv pour peindre et pour cimenter cette mémoire destinée aux générations à venir. »

► « Passeurs de mémoire », de Lylia Yahi, du 16 décembre au 15 janvier, à la galerie Alexandre Cadain, 76 rue Quincampoix, dans le 3e arrondissement à Paris.

► Le site de la galerie : www.alexandrecadain.com