Tawakkol Karman, Ellen Johnson Sirleaf et Leymah Gbowee (© AFP Mandel Ngan)

 

Les Marianne de la diversité saluent ces 3 femmes de paix.

Le comité du prix Nobel d’Oslo a couronné deux Libériennes et une Yéménite pour leur action en faveur de la paix. Le Libéria est aujourd’hui à l’honneur grâce à sa présidente, Ellen Johnson-Sirleaf, âgée de 72 ans, couronnée par le prix Nobel de la paix, aux côtés d’une autre Libérienne, Leymah Gbowee, surnommée la «guerrière de la paix», et d’une troisième femme, la Yéménite Tawakkul Karman, première femme arabe à recevoir ce prix.

Le comité norvégien a voulu ainsi rendre hommage à toutes ces femmes qui ont choisi des armes non létales pour changer le cours de l’histoire dans leur pays. Jusqu’à présent, seules 12 femmes avaient reçu le prix Nobel de la paix en cent dix ans d’histoire, la dernière étant l’écologiste kényane Wangari Maathai, décédée le 25 septembre. En 2005, Ellen Johnon-Sirleaf, économiste de formation, était la première femme élue à la tête d’un pays africain. Soutenue notamment par les Etats-Unis, où elle a fait ses études (à Harvard) et une partie de sa carrière de haut fonctionnaire (à la Banque mondiale), elle l’emportait face à l’ex-star du football, George Weah.

Leymah Gbowee, quadragénaire, mère de six enfants, avait d’abord demandé aux femmes de se rassembler, au-delà de tout clivage ethnique et religieux, dans la prière. Puis elle lança, en 2002, un mouvement pacifiste pour le moins original : la grève du sexe. Pour obliger les hommes à négocier, elle incita les femmes à se refuser à eux. Prenant la menace au sérieux, Charles Taylor décidait de les associer aux pourparlers de paix.

Enfin, en récompensant la journaliste Yéménite de 32 ans Tawakkol Karman, le comité Nobel fait d’une pierre plusieurs coups. Celle-ci ne s’y est pas trompée, dédiant son prix à «tous les activistes du printemps arabe» et ajoutant qu’il s’agissait d’«un honneur pour tous les Arabes, les musulmans et les femmes». A 32 ans, cette frêle journaliste est une figure emblématique du soulèvement populaire contre le président contesté Ali Abdallah Saleh. Fin janvier, elle appelait par SMS à manifester en solidarité avec les Tunisiens et les Egyptiens, n’hésitant pas à prendre la tête des défilés. Depuis mars, pour échapper aux manœuvres d’intimidation du pouvoir, elle s’est installée dans une tente sur la place du Changement, dans le centre de Sanaa, avec son mari et ses trois enfants, protégée par des militaires dissidents.

Extraits de l’article paru dans Libération du 08-10-2011.

 

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