120 personnes venues de l’Hérault, du Gard, des Pyrénées Orientales et de l’Aude ont répondu à l’invitation de l’association nationale « les Marianne de la diversité » et de sa responsable régionale Yamina MAMOU pour participer ce samedi 6 février, à la Maison des Relations Internationales à Montpellier, à un séminaire portant sur un sujet au cœur de l’actualité politique : «  la parité et la diversité en politique, un enjeu démocratique en Languedoc Roussillon ». Les plus grands partis politiques tels que le PS, Le Modem, l’Europe Écologie, et L’UMP ont participé à ce débat républicain.

Une assistance nombreuse a fait le déplacement

Yamina MAMOU, Fadila MEHAL et Jacques Touchon, adjoint au Maire à Montpellier

Yamina MAMOU et Fadila MEHAL, Présidente nationale venue de Paris pour l’occasion, ont formulé en préambule un état des lieux et les enjeux de ce séminaire. La diversité des origines est une chance. Elle est l’essence même de la nation française. Mais les femmes issues de la diversité et en position éligible dans les listes qui se présenteront dans quelques semaines aux élections régionales sont peu nombreuses… Ces femmes sont pourtant présentes et actives dans les associations, parfois dans les municipalités depuis la Loi sur la parité. Elles sont souvent appréciées pour la force de leur engagement citoyen et la qualité de leur travail d’élues ou de militantes. Où sont alors les blocages ? Le contexte politique du Languedoc Roussillon est l’occasion de poser des questions fondamentales qui peuvent bousculer des clichés, des tabous et des positions établies. La Loi n’est pas un obstacle à la diversité. Les blocages sont ailleurs et Fadila MEHAL invite les acteurs politiques « au réveil des consciences. »

La population, les électeurs sont aujourd’hui prêts à élire des femmes et des hommes de toute origine sur des fonctions électives importantes, y compris dans des élections à scrutin uninominal (législatives…) dès lors que leur compétence, leur volonté d’agir au service de tous sont reconnues. De nombreux exemples en France prouvent que le corps électoral a intégré cette diversité bien mieux que les appareils politiques. Ce sont donc les partis politiques eux-mêmes qui, craignant de « heurter » une partie de leur électorat, cantonnent souvent les candidats issus de la diversité dans des fonctions de représentation de leur communauté d’origine et dans des responsabilités secondaires. Il faut aujourd’hui inventer une nouvelle pensée politique qui conduirait les partis, dans leur démarche pour la conquête des mandats, à sortir d’une logique de représentation et à promouvoir leurs candidats les plus compétents, quelle que soit leur appartenance sociale, ethnique ou religieuse. C’est le cœur du combat des Marianne de la diversité et c’est l’enjeu démocratique de ce combat : donner de l’oxygène à la vie politique, favoriser la démocratie participative, redonner envie à tous et notamment aux jeunes d’être des citoyens actifs, sans craindre que le pouvoir ne soit confisqué par quelques notables présentant une image traditionnelle rassurante et garante du succès électoral… Pour « aider » les partis politiques à évoluer, Fadila MEHAL annonce que l’association « les Marianne de la diversité » envisage d’attribuer chaque année un trophée national « Yes we can » au parti politique qui saura le mieux prendre en compte la diversité des origines dans son organisation (instances de décision, désignation de candidats…). A l’inverse, le parti qui progressera le moins dans ce domaine aura un « bonnet d’âne ».

Monsieur Jacques TOUCHON, Maire adjoint de Montpellier représentant Madame Hélène MANDROUX, confirme dans un exposé préalable, le bien fondé du projet des Marianne dans une société française métissée et riche de ses diversités.

Le débat avec la salle permet d’illustrer, au travers d’exemples dans les quartiers et les villes du Languedoc Roussillon, les difficultés rencontrées sur le terrain et le rôle des associations pour « produire de l’appartenance et de la parité » dans les instances d’animation et de décision de l’organisation sociale et politique de ces territoires. Des appels sont lancés à l’Etat pour ne pas « reculer » sur le terrain de l’éducation, facteur de promotion sociale et de cohésion nationale.

La deuxième partie de la rencontre permet aux représentants des partis politiques invités qui ont tous répondu à l’invitation des « Marianne de la diversité » d’exprimer leur position et leurs intentions sur la question de la parité et de la diversité en politique. La table ronde est animée par Monsieur Karim MAOUDJ et par Madame Zorha DJELLOULI, journalistes.

Monsieur Marc DUFOUR représentant le MODEM constate que les femmes ont fait leurs armes en politique depuis la Loi sur la parité et cela contribue à faire changer les mentalités. Le MODEM, parti de création récente, est né avec la parité. Il se veut « en pointe » sur la question de la diversité car son projet politique est construit sur un socle de valeurs humanistes.

Madame NEGRIER, remplaçant Monsieur Didier CODORNIOU et représentant le cabinet de George FRECHE, Président du Conseil Régional Languedoc Roussillon, souligne comme Monsieur DUFOUR le facteur de la discrimination sociale et professionnelle, obstacle pour les femmes issues de la diversité qui auraient la capacité et l’ambition de briguer des mandats électifs importants. Malgré leur compétence et leur engagement, l’action politique demande de la disponibilité et des moyens.

Aux partis politique qui ont « la trouille » de la diversité, Madame Zina BOURGET représentant Europe Ecologie dit « Faites nous confiance ». Elle témoigne de son propre parcours de militante. La politique est effectivement un « parcours du combattant » et les hommes qui tiennent le pouvoir ont souvent envie de le garder. L’implication des femmes issues de la diversité passe donc par un renouvellement du personnel politique ou par un renforcement des mesures contre le cumul des mandats…

Monsieur Stéphan ROSSIGNOL représentant l’U.M.P. donne l’exemple de la liste Majorité Présidentielle pour les prochaines élections régionales. Madame Fatima ALAOUI, élue de la municipalité de Béziers est en position éligible dans cette liste largement renouvelée. Madame ALAOUI se dit sure que sa place est d’abord liée à son engagement individuel sur les valeurs républicaines, mais surtout à la loi sur la parité imposée par le gouvernement qui lui a permis de se positionner sur cette liste.

Monsieur Jacques TOUCHON invite l’ensemble des partis politiques à se défaire de leurs réflexes machistes et pense que la solution durable de la place des femmes en politique viendra de l’éducation et de l’engagement citoyen des jeunes, notamment dans les quartiers populaires pour que l’acceptation des différences soit une évidence.

Il y a donc un consensus des personnalités représentant les partis présents pour considérer que la question de la parité et de la diversité en politique est un enjeu du fonctionnement démocratique en France. Renouveler les discours, les modes de désignation des candidats, augmenter le nombre des femmes dans les instances dirigeantes, donner en exemple les parcours positifs de ceux et de celles qui ont pu ou su dépasser les obstacles de la discrimination même inconsciente des partis sont des moyens parmi d’autres pour faire entrer la parité et la diversité dans le paysage politique du pays et de la région Languedoc Roussillon.

Pour conclure ce séminaire, les « Marianne de la diversité » proposent aux représentants des partis politiques un projet de charte de l’égalité des chances en politique.

Les partis, au niveau national et régional, seront invités à faire connaître leurs observations sur ce projet de charte en quatre points :

  • le rappel des fondements constitutionnels de la société française sur des principes notamment d’égalité,
  • le rôle que doit jouer la représentation nationale à l’Assemblée et au Sénat pour promouvoir et garantir cette égalité,
  • la nécessité pour les partis politiques républicains d’afficher volontarisme et ambition pour favoriser la parité et la diversité dans leurs instances pour dynamiser et revivifier la démocratie locale,
  • le rôle des « Marianne de la diversité » pour accompagner les partis dans cette démarche. Le message aux élus nationaux et aux partis politiques est clair : « Notre volonté, c’est l’égalité. Votre devoir, c’est l’appliquer ».

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